Personnes handicapées et employeurs, travailler ensemble ça rapporte !
Marc est professeur adjoint au département de mathématiques et de génie industriel à l’École polytechnique de Montréal. Il a une dystrophie musculaire. L’École polytechnique n’a pas embauché une personne handicapée, elle a embauché un mathématicien très compétent et un excellent pédagogue.
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Ce fichier est une version texte intégral des propos exprimés dans la vidéo et de certains éléments audio-descriptifs afin d'informer les personnes ayant une déficience visuelle du contenu des images.
Ouverture de la scène où on voit Marc Laforest, les bras croisés avec un arrière-plan en accéléré de gens qui montent et descendent des escaliers roulants.
Marc Laforest : « Mon nom est Marc Laforest et je suis professeur adjoint à l’école Polytechnique de Montréal. »
Changement de scène où on voit Marc assis à un bureau.
Marc Laforest : « J’ai le type de dystrophie musculaire le plus répandu soit le fascio-scapulo-humérale et cette maladie fait en sorte que j’ai de plus en plus de difficulté à marcher et à monter les escaliers. »
Scène où on voit, au loin, Marc se déplacer en chaise roulante dans un long corridor vitré. On le voit aussi se déplacer à l’intérieur de l’école, toujours en chaise roulante. La caméra retourne dans le bureau de Marc.
Marc Laforest : « J’ai étudié aux États-Unis à la State University de New York à Stony Brook et j’ai fait un doctorat en mathématiques appliquées. »
Scène où Marc est debout en train d’enseigner à ses étudiants dans un local. Il présente des éléments sur un rétro-projecteur. On voit toutes sortes de formules mathématiques au tableau.
Marc Laforest : « Je n’ai pas laissé ma déficience déterminer ce que je voulais faire dans la vie. J’ai toujours cru en moi et toujours pensé que j’étais un fonceur. Donc, j’ai appris à toujours surmonter les épreuves une par une. »
Changement de scène où on aperçoit Pierre Baptiste installé à son bureau.
Pierre Baptiste : « Je suis Pierre Baptiste, je suis directeur du département de mathématiques et de génie industriel de l’école Polytechnique de Montréal et aussi professeur au département. »
Scène où on voit Marc Laforest dans le bureau de Pierre Baptiste en train de discute.
Pierre Baptiste : « Je suis directeur du département dans lequel Marc travaille et puis j’étais professeur au moment où Marc a été engagé. »
Marc Laforest : « Lorsque l’on arrive pour une entrevue, s’il y a un malaise, je crois que c’est surtout la personne handicapée qui projette ce malaise. Dans mon cas, j’étais plutôt à mon aise et je crois que les gens autour de la table se sont sentis de la même façon. »
Scène où on voit Pierre Baptiste et Marc Laforest se promener dans les couloirs de la Polytechnique.
Pierre Baptiste : « La première fois que j’ai vu Marc, c’était lors de sa présentation d’embauche. C’est à ce moment que nous avons réalisé qu’il avait ce handicap. Moi ça m’a impressionné, je me suis dit WOW! Arriver à ce niveau-là avec sans doute moins de temps et moins de possibilités m’a beaucoup impressionné. J’ai plutôt été impressionné par la personne que je n’ai vu l’handicap. »
Marc Laforest : « Lorsque j’ai reçu l’offre d’emploi et que j’ai accepté le poste, je ne me suis pas vraiment inquiété sur l’influence qu’aurait mon handicap sur mon poste. »
Scène où on voit un étudiant poser une question à Marc.
Marc Laforest : « Dans mes premières classes, je mentionne toujours mon handicap en donnant le nom et je mentionne aussi que je suis ouvert à en parler avec eux. Je trouve, en général, que cela rassure les étudiants et ils comprennent que mon handicap ne sera pas un obstacle. »
Scène où on voit Marc Laforest discuter avec des collègues.
Pierre Baptiste : « Je n’ai pas souvenir qu’il y ait eu des préjugés, par contre j’ai souvenir de remarques. En particulier, au départ il était au cinquième étage et cela est peu accessible. On nous a demandé si l’on pouvait arranger ça. Nous l’avons donc relocalisé au troisième étage où c’était plus facile d’accès. Pour ce qui est de remarques ou de préjugés, je n’ai jamais entendu quelque chose du genre de la part d’étudiants comme de professeurs. »
Scène où on voit Marc Laforest dans son bureau en train de répondre aux questions d’un étudiant.
Marc Laforest : « Depuis que je suis à l’embauche à l’école, j’ai travaillé avec le service aux étudiants pour instaurer une politique officielle pour les étudiants handicapés et aussi pour formaliser les procédures d’aide aux étudiants avec des besoins. »
Marc Laforest : « Lorsque l’on est handicapé, on doit choisir quelque chose que l’on aime comme n’importe qui. Si l’on est passionné, on est capable d’apprendre le nécessaire et de révéler les défis nécessaires à l’atteinte de nos objectifs. »
Scène où on voit Marc Laforest en train de donner des explications à ses étudiants.
Marc Laforest : « Pour moi, il est inconcevable de ne pas travailler. Ne pas recevoir de l’argent ne me dérange pas, mais le fait de ne pas travailler me dérangerait. Être professeur est un très gros défi et on ne finit jamais d’en apprendre. J’ai la piqure, donc je ne peux m’empêcher de vouloir en connaître plus. »
Retour de la scène dans le bureau de Pierre Baptiste.
Pierre Baptiste : « Nous n’avons pas embauché une personne ayant une incapacité. Nous avons fait un concours de professeur et nous avons choisi le meilleur. Il se trouve que le meilleur était une personne avec une incapacité, mais ce n’est pas pour cette raison que nous l’avons choisi. Nous l’avons choisi, car il était le meilleur à ce concours. »
Marc Laforest : « Un avantage aussi est qu’étant donné que l’on est handicapé, on apporte une toute autre dimension au travail. Les gens pensent plus à ce qui peut être un handicap pour moi et ils sont plus ouverts à m’aider et aussi à s’entraider. »
Du point de vue d’embaucher quelqu’un d’handicapé, je crois, que tu es généralement gagnant-gagnant.
Scène où on voit Marc, les bras croisés, devant des escaliers roulants.
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