Personnes handicapées et employeurs, travailler ensemble ça rapporte !
Pascal Marcil a 32 ans et travaille au TRIL depuis six ans maintenant. Après trois ans à l’emploi du TRIL, Pascal, qui avait des problèmes de vision depuis un certain temps, a perdu définitivement la vue. Atteint d’arthrite rhumatoïde juvénile vers la fin de son adolescence, il devait prendre plusieurs médicaments, dont certains à forte concentration de cortisone qui ont affecté sa vision. Son état s’est aggravé avec les années. Plusieurs opérations pour corriger la situation ont été vaines. Pascal a reçu par la suite des injections de stéroïdes dans les yeux pour augmenter sa vision jusqu’à ce qu’une injection fatale cause l’effet contraire et provoque une cécité complète. Après seulement trois mois, il a réintégré graduellement son emploi en occupant des postes de remplacement. Carol Pagé, touchée par sa détermination à retravailler rapidement et heureuse de le retrouver parmi l’équipe, lui confie sans hésiter des tâches qu’il peut faire malgré sa cécité. Entre autres, Pascal répond aux urgences du téléavertisseur et assure une présence au local dans le milieu avec un autre intervenant.
Avant de perdre complètement la vue, Pascal était déjà en contact avec l’Institut Nazareth et Louis-Braille, centre de réadaptation offrant des services spécialisés en déficience visuelle. Un logiciel permettant d’agrandir les textes à l’écran d’ordinateur lui avait été fourni ainsi que le support d’une intervenante pour analyser ses besoins. L’équipe de l’INLB a été encore plus présente pour Pascal lors de son retour au travail, et d’autres services se sont ajoutés. Une intervenante lui a prêté main-forte sur le plan de la mobilité en lui proposant un cours d’utilisation de la canne blanche et en faisant une intervention chez lui. Une visite en milieu de travail a aussi été faite par cette intervenante pour sensibiliser l’équipe et les jeunes qui fréquentent le TRIL. Afin de bien comprendre les nouveaux obstacles auxquels Pascal doit faire face quotidiennement, les membres de l’équipe du TRIL ont vécu l’expérience de la cécité. La formation nécessaire pour l’accompagner et le supporter dans ses déplacements au travail leur a été offerte. La directrice, Carol Pagé, est encore aujourd’hui convaincue de l’apport positif de ces formations.
Pascal utilise le transport adapté pour se rendre au travail. Quelques retards et quelques adaptations lui ont valu bien des frustrations. Mais, comme il le dit lui-même : « Si je n’avais pas le transport adapté, je ne pourrais certainement pas travailler ici, maintenant. » Il prend aussi le transport public, en compagnie de son collègue Francis. Carol Pagé, de son côté, ne considère pas le transport adapté comme problématique pour l’employeur. Elle note quelques retards occasionnels, mais rien d’important. Elle considère Pascal comme une personne organisée, responsable et sait qu’il trouve toujours la solution pour éviter un retard ou un départ précipité. Des billets de taxi lui sont aussi réservés en cas de problèmes. Pascal avoue que cela contribue à le sécuriser.
Peu de choses ont été nécessaires jusqu’à maintenant. Quelques adaptations au four micro-ondes et au téléphone ont été faites. L’INLB lui prête aussi une machine à écrire le braille pour son travail. Des programmes informatiques seront installés, sans frais, au printemps. Pascal a réintégré le travail de rue depuis peu, à raison d’une demi-journée par semaine. Comme il connaît le secteur et qu’il travaille toujours en duo, il peut se repérer plus facilement. Son intervenante de l’INLB lui a initialement prêté assistance pour faire le trajet afin qu’il puisse s’orienter et faire face à certains obstacles. Pascal sait qu’il peut, en tout temps, demander l’aide de l’INLB pour apprendre un nouveau trajet.
Carol Pagé est rassurante. La décision administrative est prise et l’expérience est favorable. Pascal Marcil vit au jour le jour et il s’en félicite. Il est conscient que s’il doit quitter le TRIL, il pourra sans doute se retrouver un emploi, mais cela impliquera qu’il devra travailler plus fort. « Ce qui me permet d’être ici en ce moment, c’est le soutien de tout le monde autour de moi. Le soutien de l’organisme, ici, le CA, la direction, ma famille, mes amis... Cela me permet de rester moi-même ou de le redevenir. »
Reproduit avec l’aimable autorisation de Mme Josée Massicotte, coordonnatrice de la Corporation intégration à la vie active des personnes handicapées de Laval (CIVAPHL).
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